Il y a un an, les citoyen·nes se mobilisaient contre la première loi Duplomb. En quelques semaines, plus de 2 millions de personnes signaient la pétition contre ce projet de loi, et des manifestations ont été organisées un peu partout en France. Malgré cette mobilisation massive et inédite, la loi Duplomb a été adoptée en juillet 2025. Seul l’article visant à réintroduire des pesticides néonicotinoïdes a été censuré par le Conseil constitutionnel quelques semaines plus tard.
Depuis, le sénateur Les républicains (LR) Laurent Duplomb est parvenu à faire inscrire le retour de deux pesticides (l’acétamipride et le flupyradifurone) au sein du projet de loi d’urgence agricole voté lundi 29 juin par le Sénat. Deux substances qui étaient jusqu’ici interdites en France en raison de leur toxicité.
Accaparement de l’eau, industrialisation de l’élevage, affaiblissement de la protection de l’eau potable : en plus de la réintroduction de ces deux pesticides, le projet de loi tourne le dos aux réalités scientifiques et fragilise les paysan·nes et les citoyen·nes face aux crises climatique et économique. Il n’apporte, en outre, pas de réponse aux besoins des agriculteur·rices pour sécuriser le revenu agricole, leur permettre de s’adapter au changement climatique ou les accompagner dans la transition de leurs pratiques.
Lire notre Communiqué de Presse : Projet de loi d’urgence agricole : notre avenir pris en otage — Collectif Nourrir
Pourtant, 61% des agriculteur·ices interrogé·es pour une étude de Parlons Climat considèrent que la transition écologique du secteur agricole est une nécessité avec laquelle il faut composer (Parlons Climat. Agriculteurs et transition écologique : dépasser les tabous, 2026). Côté citoyen, une étude publiée en juin 2026 par Destin commun (Boire, manger, respirer : santé environnementale, 2026) affirme que 81 % des français plébiscitent l’agriculture biologique pour les garanties qu’elle offre pour la santé, et 77 % pour l’environnement.
Changer urgemment de modèle
Outre les réflexions autour des pesticides, les canicules successives de juin nous ont tristement montré l’évidence : le modèle agricole actuel est inadapté pour faire face aux conséquences du changement climatique en cours. En ce début d’été 2026, le bilan est déjà lourd alors qu’un troisième épisode de canicule se fait ressentir en France. Un bilan d’autant plus violent dans les structures d’élevage industriel.
Selon les premières estimations de la filière avicole, entre 1 et 3 millions de volailles ont été victimes de la canicule, comme le rappelle le média Bonpote (Les millions de morts silencieuses de la canicule, 2026). En parallèle, le ministère de l’agriculture faisait état lundi 29 juin de “plus de 6 600 tonnes de volailles mortes depuis le début de la canicule”. Un bilan dramatique pour les animaux et pour les éleveur·euses.
Des décès ont également été recensés dans les troupeaux des élevages porcins et bovins. Sans compter les dégâts manifestes de la sécheresse sur certaines cultures céréalières et maraîchères.
C’est pourquoi il est nécessaire, pour préparer l’avenir, que les politiques adressent les causes structurelles d’un tel bilan et mettent en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation pour répondre aux enjeux écologiques et climatiques.
Parmi ces causes structurelles : l’ultra spécialisation des territoires, le recours massif aux intrants chimiques (engrais de synthèse et pesticides), les monocultures intensives, la destruction des habitats, la pollution des eaux et des sols, mais également l’industrialisation croissante de l’élevage. Un modèle aujourd’hui facilité par la loi Duplomb qui a été adoptée l’an dernier, et par le projet de loi d’urgence agricole actuellement en discussion.
Pour savoir comment vous mobiliser, cliquez ici : : https://linktr.ee/loiduplomb
Le droit à l’alimentation : notre boussole !
Pour accompagner le changement nécessaire vers un modèle agricole plus juste et durable, le droit à l’alimentation permet d’apporter un cadre juridique pour favoriser l’accès à une alimentation saine, digne et durable partout sur le territoire et protéger les droits des paysan·nes. Il est notamment un levier essentiel pour la transformation de notre modèle agricole et alimentaire afin de répondre à l’urgence climatique et écologique que nous traversons.
C’est pourquoi l’initiative citoyenne européenne lancée début 2026 a pour ambition d’obtenir l’inscription de ce droit dans la législation européenne.
Ses principes fondamentaux :
DISPONIBILITÉ : présence des aliments dans les commerces et sur les marchés avec des prix justes pour les agriculteur·ices.
ACCESSIBILITÉ : proximité géographique, prix abordables.
DURABILITÉ : des pratiques agricoles qui préservent et régénèrent les sols, l’eau et la biodiversité et assurent une rémunération juste pour les agriculteur·rices.
ADÉQUATION : chacun·e doit pouvoir se nourrir en fonction de ses habitudes, de ses convictions, et de ses besoins.
L’alimentation est un droit, pas un privilège. Passez à l’action, signez la pétition !
