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Les pra­tiques agri­coles indus­trielles actuelles détéri­orent notre envi­ron­nement. Ce con­stat sim­ple  est con­fir­mé par la recherche sci­en­tifique et la récur­rence des scan­dales san­i­taires et envi­ron­nemen­taux. Il doit nous alert­er et nous pouss­er à soutenir une trans­for­ma­tion du mod­èle indus­triel actuel vers un mod­èle agroé­cologique, c’est-à-dire durable et respectueux de l’environnement. 

Cette tran­si­tion doit se faire par le biais d’outils juridiques struc­turants afin d’accompagner les agriculteur·ices comme les citoyen·nes dans cette trans­for­ma­tion. L’inscription du droit à l’alimentation dans le cadre légal de l’Union européenne con­stitue un levi­er sys­témique pour chang­er en pro­fondeur nos mod­èles agri­coles et ali­men­taires, pour­suiv­re cette logique d’accompagnement et faire émerg­er un véri­ta­ble con­tre-pou­voir démoc­ra­tique pour con­tr­er les lois néfastes pour l’environnement et à la santé. 

 

Le constat d’un modèle agricole industriel destructeur de l’environnement 

Le mod­èle agri­cole indus­triel a des effets destruc­teurs sur la san­té humaine, les sols, l’eau, l’environnement et la bio­di­ver­sité. En 2026, le secteur agri­cole reste l’un des plus gros pol­lueurs. En France, 20 % des émis­sions de gaz à effet de serre sont émis par le secteur agri­cole selon le Haut con­seil pour le cli­mat dans un rap­port pub­lié en 2024, ali­men­tant directe­ment le dérè­gle­ment climatique.

Au-delà des sim­ples rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les struc­tures agri­coles indus­trielles con­tin­u­ent de répan­dre des élé­ments tox­iques dans la nature. Selon l’INSEE, “l’agriculture est le pre­mier émet­teur d’ammoniac dans l’air et les intrants agri­coles pol­lu­ent les eaux et les sols”. On compte à ce titre, une aug­men­ta­tion de 6 % de nitrate dans les cours d’eau de France mét­ro­pol­i­taine entre 2000 et 2020 (INSEE,2024). Une con­t­a­m­i­na­tion des milieux par les pol­lu­ants d’origine agri­cole qui per­siste au détri­ment de la faune et de la flore.

En par­al­lèle, la mécan­i­sa­tion a sup­primé 70 % du linéaire des haies bocagères depuis 1950, ce qui porte égale­ment préju­dice à la bio­di­ver­sité selon l’INSEE. Un con­stat partagé par le CNRS qui observe une chute de la pop­u­la­tion d’oiseaux en milieu rur­al depuis 1989 dont 36 % qui auraient totale­ment dis­paru (CNRS 2023). Cette destruc­tion des habi­tats, croisée avec l’utilisation de pes­ti­cides et d’insecticides engen­dre un déclin des pop­u­la­tions d’insectes pour­tant essen­tiels à notre écosys­tème. De fait, un véri­ta­ble déséquili­bre se crée, favorisant l’apparition d’espèces invasives. 

Mal­heureuse­ment, la tra­jec­toire prise par les lois actuelles ne va pas dans le sens d’une agri­cul­ture respectueuse de l’environnement. Au lieu de restau­r­er et de soutenir les écosys­tèmes frag­ilisés, on assiste au détri­co­tage des quelques mesures acquis­es au prof­it d’une des intérêts économiques d’une poignée d’entreprises ayant la main­mise sur notre sys­tème agri­cole et alimentaire. 

Mais on peut toujours changer les règles du jeu ! 

Si la grav­ité de la sit­u­a­tion est col­lec­tive­ment con­statée, on observe égale­ment que la mise en œuvre de poli­tiques en faveur de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­nement pro­duisent des effets tan­gi­bles sur la restau­ra­tion des écosys­tèmes. Or, il s’avère que la dura­bil­ité des modes de pro­duc­tion fait par­tie inté­grante du droit à l’alimentation. Soutenir l’inscription de ce droit dans la loi européenne serait donc un véri­ta­ble levi­er pour per­me­t­tre la trans­for­ma­tion des mod­èles agri­coles vers une agroé­colo­gie respectueuse du vivant et de l’environnement.

Voir l’ar­ti­cle Droit à l’alimentation : pourquoi c’est important 

Cela sig­ni­fierait con­crète­ment de : 

  • Met­tre en oeu­vre une régle­men­ta­tion en faveur de sys­tèmes ali­men­taires durables et équita­bles, fondés sur le droit à l’alimentation et assur­ant à chacun.e un accès digne à une ali­men­ta­tion saine et durable,
  • Met­tre en place une ges­tion durable de l’eau en agriculture,
  • Soutenir les semences paysannes,
  • Ren­forcer les normes de bien-être animal,
  • Pro­pos­er des repas sains, durables et abor­d­ables dans les can­tines scolaires,
  • Dans le cadre de la future Poli­tique agri­cole com­mune (PAC), aug­menter con­sid­érable­ment le sou­tien aux petits pro­duc­teurs, aux sys­tèmes ali­men­taires ter­ri­to­ri­aux et à l’agroécologie paysanne dont l’agriculture biologique.

La tran­si­tion agroé­cologique ne pour­ra se faire qu’à con­di­tion que les agriculteur·rices soient rémunéré·es juste­ment et aidé·es finan­cière­ment pour chang­er leurs pra­tiques. Cette con­di­tion est néces­saire, et inté­grée à la déf­i­ni­tion du droit à l’al­i­men­ta­tion qui revendique une dura­bil­ité sociale, à savoir un mod­èle équitable pour l’ensem­ble des paysan·nes afin de leur garan­tir un revenu digne.

Cette réal­ité est à portée de clic : signez dès main­tenant la péti­tion pour inscrire le droit à l’alimentation au sein des insti­tu­tions européennes !